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National Coalition for Haitian Rights Communiqué de presse: Contacter: Jocelyn McCalla La NCHR est alarmée de l'apparente désinvolture avec laquelle le gouvernement haïtien traite la question de la migration et des rapatriés.New York, NY, 26 juin 1996 -- Deux membres du bureau new-yorkais de la National Coalition for Haitian Rights (NCHR ou Coalition Nationale pour les Droits Haïtiens), MM. Jocelyn McCalla et Patrick Gavigan, ont séjourné en Haïti du 16 au 24 juin afin d'entamer des discussions sur la migration et les réfugies avec les autorités haïtiennes, des officiels étrangers et des représentants d'organisations non-gouvernmentales et intergouvernementales. Dans le cadre de leur visite, McCalla et Gavigan, respectivement directeur général et responsable du programme sur les réfugiés et la migration de la NCHR, ont eu d'intéressantes discussions avec M. René Préval, Chef de l'Etat, M. Rosny Smarth, Premier Ministre, M. Fritz Longchamps, Ministre des Affaires Etrangères, M. Wilfrid Supréna, Directeur Général du Ministère des Affaires Sociales, M. Privat Précil, Directeur de l'Office National pour la Migration (ONM), les Sénateurs Wesner Emmanuel et Jadotte Hamlet de la Commission des Affaires Etrangères, M. Luca Dal'Oglio, Chef de Mission de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), M. William Lacy Swing, Ambassadeur des Etats-Unis, des représentants du Comité pour la Libre Entreprise et la Démocratie (CLED), d'Haïti Solidarité Internationale, de la Fédération Luthérienne Mondiale, du CRESFED, de la MICIVIH et d'Info-Services. Ils ont profité de ces rencontres pour leur présenter un rapport intitulé "Au-delà des bateyes" sur la situation des immigrants haïtiens en Dominicanie, et d'en discuter les conclusions et les recommandations. M. McCalla s'est aussi entretenu sur les ondes avec la presse, notamment Radio Haïti, Radio Quisquéya, Radio Galaxie, Vision 2000, la Télé Nationale et Télémax. Les représentants de la NCHR se trouvent alarmés de l'apparente désinvolture avec laquelle les dirigeants du gouvernement haïtien semblent traiter la question de la migration et des réfugiés. Dans ce domaine, le gouvernement haïtien accuse une faiblesse énorme: 1. Aucune véritable compétence sur la migration au niveau de la primature, du cabinet présidentiel et du Ministère des Affaires Etrangères; 2. La politique sur la migration se limite aux actions ponctuelles d'aide aux rapatriés, expulsés des Etats avoisinants -- Cuba, la République Dominicaine, les Bahamas, les Iles Turques et Caicos, les Etats-Unis et les Départements d'Outre-mer de la France (Martinique, Guadeloupe, Guyane Française); 3. Gaspillage d'énergie et de ressources humaines et matérielles grâce à la gabegie administrative et au manque de coordination: l'ONM est supplantée dans ses attributions par le Ministère des Haïtiens Vivant à l'Etranger (MHAVE), à la suite d'une décision spontanée du Président de la République qui ne tient pas compte du rôle, même faible, que joue l'ONM depuis sa formation en début 1995. L'ONM jouit actuellement d'une allocation spéciale, mais son budget pour le prochain exercice fiscal n'est pas compris dans celui du Ministère de tutelle qui est le Ministère des Affaires Sociales et n'entre pas en considération au cours des nécessaires débats parlementaires. L'exécutif prend l'initiative noble, mais futile, de solliciter les contributions de particuliers pour secourir les rapatriés. 4. Le gouvernement ne se donne même pas la peine d'élaborer une politique sur la migration, alors que les pays voisins se préparent à prendre les moyens forts, avec ou sans la coopération d'Haïti, pour expulser de leurs territoires, des milliers d'immigrants haïtiens et de gens de parenté haïtienne. Il se profile à l'horizon actuellement la possibilité que plus de 30.000 personnes soient expulsés des Antilles françaises, 6.000 des îles Turques et Caicos, 12.000 des Etats-Unis, des centaines des Bahamas, et des dizaines de milliers de la République Dominicaine en temps et lieu opportun, et que ces milliers de personnes soient simplement expédiés et livrés à leur sort en Haïti. 5. Le gouvernement haïtien est disposé à passer des accords avec la France, les Etats-Unis, la Dominicanie, les îles Turques et les Bahamas et à passer sous silence le problème de la migration qui est l'élément le plus important de tout accord ou traité entre Haïti et tout autre Etat. Par conséquent, la position d'Haïti au cours de ces négociations est au départ extrêmement faible et tendrait à hypothéquer à jamais l'avenir d'Haïti et de ses ressortissants vivant en diaspora. Malgré la gravité des problèmes constatés, la NCHR croit qu'il est encore possible de conjurer la mauvaise politique qui se dessine à l'horizon si le gouvernement est décidé à prendre les mesures nécessaires. En premier lieu, il est urgent que le gouvernement cesse de se jeter tête baissée à signer des accords avec les autorités britanniques, dominicaines et bahaméennes, au cours de négociations prévues pour bientôt, sans avoir mesuré tout ce que cela implique pour Haïti. L'année dernière par exemple, les Bahamas ont arraché au gouvernement le droit de rapatrier jusqu'à 800 personnes dits d'origine haïtienne, alors qu'Haïti n'avait pas mis en place des structures nécessaires pour aider adéquatement même un seul d'entre eux. L'incapacité du gouvernement à aider des ressortissants haïtiens expulsés de la République Dominicaine est aujourd'hui légendaire. La NCHR exhorte donc le gouvernement à reporter immédiatement toute rencontre à l'étranger destinée à arriver à des ententes sur la migration. En deuxième lieu, il faudrait que le gouvernement se donne les moyens de sa politique en faisant l'acquisition de l'expertise ou des connaissances nécessaires au développement d'une stratégie réaliste et ferme sur la migration, afin qu'Haïti puisse tirer le maximum de bénéfices de tout accord avec des pays voisins. Nous exhortons donc les dirigeants d'Haïti à consulter tant les instances internationales comme le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) que les experts et les juristes en immigration, et en droit international qui ont si bien défendu les intérêts des réfugiés haïtiens dans un passé encore récent. Ce sont là deux démarches extrêmement importantes à adopter sans plus tarder. La NCHR croit cependant que les pressions exercées par les organisations religieuses, syndicales, et humanitaires aussi bien que les groupes de droits humains, les entrepreneurs et les hommes d'affaires sont un élément clé pour que le gouvernement adopte ces deux modestes démarches. La NCHR entend continuer à observer la conduite du gouvernement haïtien dans le domaine de la migration dans le cadre de sa campagne de promotion d'une politique réaliste et respectueuse des intérêts des Haïtiens et des communautés haïtiennes en diaspora.
**************** La NCHR est une organisation à but non-lucratif qui mène le combat depuis 1982 en faveur du respect des droits des réfugiés haïtiens et des Haïtiano-américains selon le droit international et en accord avec les lois américaines, et appuie les droits humains et le développement d'institutions démocratiques en Haïti. Elle a installé des bureaux à New York et à Port-au-Prince.
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